Entretien avec Yves Huet, animateur de théâtre des petits Exquis-mots, de la MJC d’Odos et de celle de Juillan (entre autre) :

Comment es-tu parvenu au… théâtre ?

Je suis parvenu au théâtre à la suite d’une rencontre fructueuse avec Monsieur Patrick Lode, du théâtre de la Bulle, en 1980. Je me suis mis aux planches également grâce probablement …au cinéma, avec un papa adepte du 8 et du super 8 (…mm, l’ancêtre du caméscope). Jeune, je rêvais d’intégrer une école de cinéma.

Présente-toi, si tu veux bien !

Je suis né dans une famille de 7 enfants. J’ai arrêté, à mi-chemin, ma carrière de technicien SAV photocopieurs, pour virer au théâtre professionnel. Je ne regrette pas aujourd’hui, je n’ai plus de contraintes de temps, quoi que… elles soient différentes. J’adore les soirées de fin de spectacle où l’on refait le monde, entre amis, paisiblement.

Dans mes goûts, j’adore associer le rire au drame, les larmes et la joie ; c’est le plaisir personnel que je recherche, et donc, je ne peux pas me contenter de la reconnaissance du public, je revendique de prendre mon pied sur scène. Ma quête, mon graal, c’est dans la recherche d’émotions que l’on trouve ailleurs que dans le théâtre de boulevard classique, comme Dario Fô, l’italien ou Pagnol avec « Marius » . J’aime pour autant jouer du Feydeau, mais….

Quels étaient les auteurs que tu suivais plus particulièrement ?

Un des auteurs que je suivais est le poète espagnol Garcia Lorca. Au cinéma, j’aime les films des années 50, de Jean Renoir ou Ingmar Bergman…

J’aime aussi, pour illustrer mes propos précédents, « la vie est belle » de Begnini. Pour le théâtre, j’ai joué « Le diner de cons » ou encore les pièces de Pagnol, comme « Marius » ou actuellement « le schpountz »

Aimes-tu écrire ?

Là, je dis oui à l’écriture, et deux fois plutôt qu’une ; j’aime particulièrement les monologues fouillés et introspectifs. Voici ma méthode : Je commence par collecter des idées, des bouts de texte, des embryons d’histoires que je finis par réunir, assembler, nouer avec un fil rouge et une structure.

As-tu, choisis-tu des moments « particuliers » dans la journée pour écrire ?

Ma préférence dans la journée pour écrire, va vers le soir; je me sens plus tranquille et plus disponible. Je suis un « oiseau de nuit », d’une certaine façon.

Pourquoi écris-tu, qu’est ce qui t’y pousse ?

L’écriture est une sorte de thérapie pour moi, avec beaucoup d’humilité bien-entendu, car nous sommes nombreux à écrire. Je fais ça pour moi d’abord… Je pense que mon avenir artistique se situe dans cette démarche d’écriture. Je me fais actuellement relire par une amie, qui n’est pas neutre et je ne sais pas si c’est l’idéal.

Cite-moi une anecdote de théâtre :

J’ai pris un réel plaisir, il y a deux ans, avec les jeunes d’Odos que je suivais, en tant que formateur. Ils ont joué « l’expérience interdite » à Adé pour le festival Carapatte. Ils avaient autour de 17-18 ans et des possibilités énormes en matière de théâtre. Bravo à eux ! Ce fut un réel plaisir.

Quelle est ta journée-type ?

En général, ma journée commence vers 9h30 et ça se termine vers 23h. Le soir des spectacles, c’est plutôt 2-3 h du mat’ mais j’aime ça. Les horaires fixe étaient une contrainte pour moi.

Et à Adé, avec les petits exquis mots, comment ça se passe ?

Les 2 groupes de petits exquis mots ne sont pas encore composés d’adolescents, à part une d’entre eux ; ils doivent murir et d’ici, 2 – 3 ans, ça sera intéressant de réfléchir à des textes plus accomplis. Ma démarche est d’aborder avec eux, des sujets de société.Le 1er trimestre nous avons fait beaucoup d’exercices de préparation et là, depuis le début de l’année, nous avançons sur des pièces à sketches. Il a fallu intégrer 3 nouveaux élèves : pas toujours simple de prendre le train en marche, pour eux comme pour moi !

Et les impros ?

Les impros, c’est du bonheur. En effet, je fais partie de la troupe des improsteurs et nous sommes premiers au classement du championnat sur 10 équipes inscrites à la ligue. J’en suis fier. Nous commençons à être nombreux et nous ouvrons une section jeunes ! C’est l’avenir.

Propos recueillis par Marc Garcia.